Magazine Eat

Laiss pa nout’ ti flèr faner…

C’est entre joie et tristesse que nous éditons ce tout nouveau numéro de EAT. En effet, c’est toujours une joie incommensurable d’aller au contact des gens qui font La Réunion et qui la révèlent sous son meilleur jour pour vous le conter au travers de nos pages. Mais, force est de constater que notre culture, dans sa globalité, ce patrimoine si riche et unique, est en train de s’éteindre, non pas à petit feu, mais à vue d’œil. Pour sûr, une bonne partie s’en est déjà allée et ce qu’il nous reste, nous sommes en train de le laisser disparaître par négligence souvent, par honte parfois et/ou par oubli ‘naturel’. Oui, les choses s’éteignent sous notre nez sans crier gare et pourtant, elles ont fait ce que nous sommes. Sommes-nous devenus à ce point ingrats envers notre héritage culturel si durement acquis, au point de le laisser mourir sous nos yeux ? Notre dossier sur les gâteaux lontan en témoigne. Nous avons eu toutes les peines du monde à réunir les meilleurs pâtissiers de l’île en la matière. Certains ont mis la clé sous la porte, d’autres parlent peu ou ne font plus les gourmandises du siècle précédent. Les gâteaux de notre enfance n’ont définitivement plus la cote… La tendance n’est plus au sucre ni au beurre.
Sinon, à quand remonte votre dernier plat composé de pipangaille ? Vos enfants connaissent-ils ce légume ? Loin de nous l’idée de vous culpabiliser. Il est normal de ne pas savoir les cuisiner aussi fréquemment qu’un chouchou ou des brèdes mais il ne tient qu’à nous de vous le faire connaître et à vous de l’intégrer dans vos menus. Heureusement, quelques irréductibles producteurs, pas si fous finalement, ont foi en ce qu’ils font et parviennent à en vivre. Bien entendu, seules la passion et la conviction les animent : ni engrais, ni pesticide, « que de l’amour pour nos produits » lancent les époux Taristas dans les Hauts de Saint-Paul.
Contribuons tous à encourager nos producteurs, éleveurs, artisans, chefs, apprentis en valorisant leur travail : rendons-nous sur les marchés de petits agriculteurs, privilégions les filières locales et ayons confiance en notre pouvoir de choisir nos propres modes de consommation, efficients pour tous. Il ne s’agit pas de demain mais de maintenant : ne laissons pas tout s’envoler…

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